
Seule
Je suis seule
Enfin seule
Seule
Je suis seule
Toute seule dans mon linceul
Je ne verrai plus le soleil
Illuminer mes réveils...
Mais je n'me lèverai plus non plus
Pour aller travailler !
Seule
Je suis seule
Enfin seule
Seule
je suis seule
Toute seule dans mon linceul
Sur les trottoirs je vois des pieds qui courent, qui courent
Qui courent après l'argent, qui courent après l'amour
Qui courent après le succès
Sans jamais s'arrêter
Mais au fond pour aller ou ?
Avec moi dans mon trou...
Seule
Je suis seule
Enfin seule
Seule
je suis seule
Toute seule dans mon linceul
Toi qui voulait tell'ment m'aimer toujours, toujours
J'me cache en d'sous d'ton lit pis j'te r'garde faire l'amour
Avec une fille différente
Tout les soirs de la s'maine
Mais ça m'laisse indifférente
Même si ça t'fait d'la peine
Moi qui n'pouvais pas vivre sans un homme
Moi qui n'pouvais pas dormir sans mes valiums
Plus rien ni personne
Ne pourra m'empêcher
De dormir en paix
Seule
Je suis seule
Enfin seule
Seule
je suis seule
Toute seule dans mon linceul
Moi qui aimais tell'ment l'odeur des fleurs
Ne m'en envoyez plus, ça m'donne mal au coeur
À travers mon cercueil de verre
Déjà je vois les vers
Qui viennent me dévorer des yeux
Comme vous l'faisiez, Messieurs!
Danser, danser, c'était tout c'que j'aimais
Heureusement que dans mon testament
J'avais d'mandée qu'on m'enterre
Avec mon walkman
Comme ça, même six pieds sous terre
J'ai l'âme qui plane, qui plane
J'ai l'âme qui plane, qui plane
J'ai l'âme qui plane, qui plane...

Elle berce sa poupée sur ses genoux
Elle sourit comme un enfant qui joue
Elle a quatre-vingt-dix-sept ans aujourd'hui
Tous ses p'tits enfants sont réunis
Pour son anniversaire
On lui a offert
Une poupée Franfreluche
Et un Teddy bear en p'luche
De la main droite elle fait le signe de la croix
En suçant son pouce da la main gauche
Elle se croit à l'été de mille neuf cent trois
Elle respire l'odeur du foin qu'on fauche
Pourtant on est en hiver
Dehors les enfants glissent
Y'a comme un parfum d'éther
Dans les couloirs de l'hospice
Elle dit que c'est aujourd'hui qu'elle se marie
Elle dit qu'elle entend des cloches qui sonnent
Elle appelle son fils du nom de son mari
Y'a longtemps qu'elle ne r'connait plus personne
C'est pourquoi on vient la voir
De moins en moins souvent
Mais les bonnes soeurs ont bon espoir
Qu'elle vivra jusqu'à cent ans
Elle berce sa poupée sur ses genoux
Elle sourit comme un enfant qui joue
Bon anniversaire, grand-mère
Bon anniversaire, grand-mère
Bon anniversaire, grand-mère

Le psychiatre :
" Vous traversez en ce moment
Une zone de turbulences
Venez me voir hebdomadairement
Sur rendez-vous, de préférence
Étendez-vous, détendez-vous
Dites-moi c'qui vous tracasse
Défoulez-vous, délivrez-vous
De toutes ces choses qui vous engoissent "
La patiente:
" L'autre jour à mon bureau
J'ai failli prendre un couteau
Le planter dans le dos
D'une sténodactylo
Qui n'm'avait pourtant rien fait
Excepté. qu'elle passait
Ses journées à rêver
Au lieu d'travailler...
J'ai toujours été une femme impulsive
Mais pas au point d'être agressive ! "
Le psychiatre :
Agressive et lascive par-dessus l'marché...
Vous traversez en ce moment
Une zone de turbulences
Vevez me voir un peu plus souvent
Appelezmoi la nuit en cas d'urgence
Délassez-vous, déchaussez-vous
Dites-moi d'où vient le stress
Éloignez-vous, détournez-vous
De tous ces gens qui vous agressent "
La patiente:
" Hier encore au supermarché
En plein milieu d'une allée
Pendant que j'hésitais
Entre deux marques de spaghetti
J'ai eu soudain comme une envie
Une envie insensée
De sauter sur le caissier
Et d'le déshabiller...
J'ai toujours aimé les grands blonds frisés
Mais pas au point d'être obsédée ! "
Le psychiatre :
" Arrêtez, vous allez vous exciter...
Vous traversez en ce moment
Une zone de turbulences
Il n'y a pas de médicaments
C'est cinquante dollars la séance
Étendez-vous, détendez-vous
Dites-moi c'qui vous détraque
Débattez-vous, défendez-vous
Contre ces monstres qui vous attaquent "
La patiente:
" Certains soirs, quand j'fais la vaisselle
Il me pousse des ailes
J'passe à travers la f'nètre
Je m'envole dans les nuages
Et j'atterris sur une plage
Où je croise des êtres
Qui ne sont ni des hommes, ni des femmes
Et n'en font pas un drame...
J'ai toujours été un peu mélangée
Mais pas au point d'être dérangée ! "
Le psychiatre :
" Dérangée...mais voyons, vous exagérez...
Vous traversez en ce moment
Une zone de turbulences "

Samedi soir
Qu'est-ce qu'une femme peut faire toute seule
Un samedi soir
Un samedi soir
Y'a des femmes
Qui vont draguer comme les hommes
Seules dans les bars
Le samedi soir
Moi je n'ai rien contre
Ces brèves rencontres
Qu'on fait à trois heures du matin
Quand la fièvre monte
Et qu'on regarde sa montre
De peur de n'pas trouver quelqu'un...
Avec qui
On pourrait passer une nuit
Très animal
Sans s'faire de mal
Au matin
On s'embrasse, on s'dit au r'voir
Sans trop y croire
Ça nous fait du bien
Oui mais à la fin
On reste toujours sur sa faim
On aim'rait bien
Parfois en trouver un
Qui tienne le coup
Jusqu'au bout
Samedi soir
Qu'est-ce qu'une femme peut faire toute seule
Un samedi soir
Un samedi soir
Y'a des femmes
Qui vont cruiser comme les hommes
Seules dans les bars
Le samedi soir
Moi je n'ai rien contre
Ces brèves rencontres
Qu'on fait à trois heures du matin
Quand la fièvre monte
Et qu'on regarde sa montre
De peur de n'pas trouver quelqu'un...
Oui mais moi
Vous savez bien qu'un jour
" J'ai rencontré l'homme de ma vie "
Et même si depuis
J'ai eu d'autres amours
Je cours toujours
Après lui...
Samedi soir

Le vieux saxophoniste
Jue pour les touristes
De vieilles rengaines américaines
Si vous passez par là
Ne lui parlez surtout pas
De la révolution cubaine
Il joue toute la journée
Assis sur son rocher
Un palmier lui sert de parasol
Au bout d'la plage
De Varadero
Il regarde vers le large
Comme s'il voyait passer ces bateaux
Et quand vient le soir
Il reprend vie, il va de bar en bar
En se souv'nant
Du bon temps...
Dans un night-club d'entre les deux guerres
Quand il était jeune et beau
Quand il jouait pour des milliardaires
En croisière
Il avait rêvé de faire carrière
À New York ou Chicago
Mais quelque part il avait manqué
Le bateau
Le vieux saxophoniste
N'a l'air ni gai ni triste
Quand il joue "Me and my shadow"
Il ne tourne pas la tête
Quand les touristes lui jettent
Un peso dans son vieux chapeau
Dans son toxedo blanc
Il est d'un autre temps...
Les palmiers ont poussé sur les ruines
Du Cotton Club
De Varadero
Et ses épaules trop larges
Servent de reposoir aux oiseaux
Mais très tard dans la nuit
Quand l'eau-de-vie
Lui réchauffe la mémoire
Il revit ses heures de gloire
Quand il était révolutionnaire
Un fidèle de Castro
On lui avait offert une carrière
Militaire
Il s'était battu comme un héros
Pour le sort de ses frères
Mais il n'était pas fait pour porter
Le drapeau
Le vieux saxophoniste
Est resté un artiste
Regardez-le faire son solo!
Écoutez-le faire son solo...

Comme tous les matins
Le soleil se lève
Entre les buildings
Vers sept heurs et demies
J'ouvre ma fenêtre...
Toujours le même homme qui fait son jogging !
Je m'habille
J'me maquille
J'avale un grand café noir
Mes lunettes
Ma mallette
Accessoires obligatoires
Les miroirs
Du couloir
Multiplient ma silhouette
L'ascenseur
Me fait peur
À chaque étage, mon coeur s'arrête
Donnez-moi
Donnez-moi de l'oxygène
Donnez-moi
De l'oxygène...
Dans une ambulance
Traversant la ville
À deux cent à l'heure
On mène à l'urgence
Un homme immobile
Avec une pile à la place du coeur
À midi
Et demi
Encore un grand café noir
Je ne mange
Qu'une orange
Pour tenir le coup jusqu'au soir
Je m'étends
Un instant
Les jambes à la verticale
Je respire
Et j'expire
Dans un mouvement machinal...
Donnez-moi
Donnez-moi de l'oxygène
Donnez-moi
De l'oxygène...
Dans une cour d'école
Un enfant qui joue
Avec un ballon vert
Porte tout à coup
La main à son coup
En tombant par terre, étouffé par l'air
Toute la s'maine
J'me démène
De neuf heures jusqu'à cinq heures
Le trafic
Me panique
Quand je roule à la noirceur
Le parking
Du building
À toujours la même odeur
En rentrant
Dans l'appartement
J'allume mon climatiseur...
Donnez-moi
Donnez-moi de l'oxygène
Donnez-moi
De l'oxygène...
Laissons chanter les oiseaux
Laissons-les planer sur l'air
Laissons couler les ruisseaux
Jusqu'au fleuve et jusqu'à la mer
Laissons les funambules
Se balancer
Sur leur fil de fer
Laissons filer les étoiles filantes
Laissons chanter celui qui chante
Laissons vivre les poètes
Laissons-les tripper pour nous
Ils voyagent dans leur tête
Au pays où vivent les fous
Laissons-les en somme
Nous dire qui nous sommes
Laissons parler leurs voix qui nous hantent
Laissons chanter celui qui chante
Pour Baudelaire persécuté
Pour Rimbaud exilé
Pour Nelligan interné
Pour Lorca exécuté
Pour Janis Joplin suicidée
Pour John Lenon assassiné
Pour tous les oiseaux blessés
Pour un ami condamné
Ce soir je voudrais chanter
Un cantique à la liberté
La...la...la...la...
La...la...la...la...
Sur son vaisseau d'or dans la tourmente
Laissons chanter celui qui chante
Que restera-t-il de nous
Quand nous ne serons plus là
Sinon des chansons d'amour
Qui feront entendre nos voix
À ceux qui vivront
Dans les siècles qui viendront...
Laissons chanter celui qui chante
Laissons chanter celui qui chante

Rocky
T'étais rien qu'un bum
Oui mais t'étais mon chum
Dors en paix
T'es mort comme t'as vécu
J't'oublierai jamais
Qu'est-ce que j's'rais
Si j't'avais
Pas connu
Rocky
Tu disais tout l'temps
Qu'tu r'tourn'rais jamais en d'dans
Tu disais
Qu't'aim'rais mieux mourir avant
T'as tiré l'premier
Quand t'a vu
Qu'tu pouvais pas
T'échapper
Good-bye Rocky
J't'aimais tell'ment
Good-bye Rocky
J'sais pas comment
J'vas pouvoir vivre sans toé
Tout l'reste de ma vie
Good-bye Rocky
Tes chums sont là
Pour te porter
Au bout d'leurs bras
Comme si t'étais un roi...
Enterrez-moé avec lui !
Rocky
T'étais tell'ment beau
Quand t'étais sur ton chopper
T'avais l'air
D'un ange de l'enfer
J'devrais faire blower
Ta photo
Pour en faire
Des posters
Rocky
J'aime autant t'voir mort
Que dans les bras d'une aut' fille
T'avais tort
De m'traiter comme une guenille
Mais j'aimais ton corps
Tell'ment fort
Que j'pouvais pas
M'passer d'toé
Good-bye Rocky
Qu'est-ce que j'vas faire
Good-bye Rocky
Ch'pas faite en fer
Ch'pas pour rester toute seule
Tout l'reste de ma vie
Good-bye Rocky
J'sais pas où qu't'es
Mais p'têt' qu'un jour
J'te rejoindrai
Au ciel ou en enfer
T'es passé comme un éclair
J'ai suivi tes grands yeux verts
J'peux pas r'tourner en arrière
Rocky, de quoi j'aurais l'air !
Rocky
T'as changé ma vie
Mais à c't'heure qu't'es parti
J'vas r'dev'nir
La fille straight que j'étais
Tout c'qu'y m'reste à faire
C'est m'marier
Pis m'faire faire
Des bébés
Good-bye Rocky
C't'ait comme un rêve
Good-bye Rocky
Faut que j'me r'lève
Good-bye Rocky, Good-bye
J'me frappe le tête contre terre
J'entends des coups d'revolver
J'voudrais m'coucher sous la terre
À coté d'toé forever
Good-bye. Good-bye
Good-bye, Good-bye
Good-bye, Rocky Good-bye

Quand on part pour la gloire
Il faut toujours avoir
Son billet aller-retour
Juste au cas où un jour
On voudrait s'arrêter
Finis les rêves de star
Qui ne vous mènent nul part
Finis les nuits d'insomnie
Où l'on rêve à des shows
Qu'on n'fera jamais...
Bonjour la vie, bonjour le jour
Bonjour les p'tits oiseaux
Bonjour mon amour
On s'est connu un soir
Un soir de désespoir
Quand tu m'as pris par la main
J'ai compris que quelqu'un
T'avait mis sur mon chemin...
Et si un beau matin
Je raccroche mes patins
On se trouv'ra bien une île
Où ce s'ra plus facile
De continuer à vivre
Quand je frôle la folie
Je sais que tu es là
Comme un ange gardien
Et si tu restes avec moi
Je n'ai plus peur au moins
D'avoir vécu pour rien

J'fais l'ménage
En étage
À l'hôtel des quat'saisons
Nettoyage
Blanchissage
J'vois rien d'autre à l'horizon
J'me démène
J'me surmène
À l'hôtel des quat'saisons
J'suis porteuse de bagages
Et pis j'rentre à la maison
Et là sur une toune qui groove
à la radio
Je m'invente un monde qui Groove
I wanna know
C'est ça l'bonheur si ça s'trouve
Une toune qui groove
Et la sur la toune qui groove
J'échange ma peau
Je mets mon chapeau à plumes
I wanna know
J'vais m'ballader sous la lune
Sur la toune qui groove
J'fais l'ménage
En étage
À l'hôtel des quat'saisons
Du frottage
Du repassage
Jamais rien d'autre à l'horizon
J'me dandine
La routine
À l'hôtel des quat'saisons
J'suis porteuses de messages
Et pis j'rentre à la maison
Et là sur une toune qui groove
à la radio
Je m'invente un monde qui Groove
I wanna know
C'est ça l'bonheur si ça s'trouve
Une toune qui groove
Et la sur la toune qui groove
J'échange ma peau
Je mets mon chapeau à plumes
I wanna know
J'vais m'ballader sous la lune
Sur la toune qui groove

J'me verrais bien m'taper de l'arsenic
J'entends mes râles émouvants
Je vois quelques sables mouvants
Se coller à mes cosmétiques
J'verrais assez ma tête au bout d'une pique
Mon joli petit coup sanglant
Ou me faire les cartes en trichant
Et me tirer l'as de pique
J'me verrais bien là-bas dans l'Antarctique
Me mettre autour de mon séant
Au beau milieu de l'océan
Une bouée marquée Titanic
J'me verrais bien mordue par un aspic
Ou encore par un chien errant
La proche pharmacie manquant
De sérum antirabique
J'me verrais bien sur un pain de plastic
Comme Larousse semé à tout vent
Mes quatre membres et moi crevant
De cette chirurgie esthétique
J'me verrais bien le crâne entre deux briques
Une à une cracher mes dents
Exhaler en caillots de sang
Tout mon amour égocentrique
Je verrais bien ma guitare électrique
Me foudroyer en un instant
J'me vois aussi innocente
Assassinée par la critique
J'me vois lynchée sur la place publique
Par mes admirateurs d'antan
Qui m'aiment encore, qui m'aiment tant
J'me vois huée par mon public
